le blog illustre

mardi, avril 15 2014

Rire de la mode

Defile_des_Vanites_copie.jpgInterlude littéraire

Christophine, consultante auprès de marques de prêt-à-porter mainstream, en dépit d'une allure hautaine et résolument fashion, aime se moquer d'elle même et de ses co-fashion-religionnaires.  Elle a emporté pour un de ses nombreux voyages professionnels le livre de Cécile Sépulchre "Le défilé des Vanités" aux éditions Balland. 

(manteau Marni - pull et sac Acne - pantalon Alexander Wang - sneakers Veja - valise Sansonite)

-Vous ambitionnez de faire carrière dans la mode?

-Vous ne voulez surtout plus travailler dans la mode?

-Le milieu de la presse de mode vous fait fantasmer?

-Vous venez d'être licenciée du magazine dans lequel vous travaillez au motif: "trop vieille, pas assez punchy"?

-La vanité est pour vous le spectacle le plus réjouissant à observer?  

Alors ce livre est fait pour vous.

Drôle, un peu polémiste, pas aussi léger que l'on pourrait penser à première vue, bien documenté, l'auteur, pour ceux qui l'ignorent, a été rédactrice en chef de L'Officiel... Plus branché que Le Diable s'habille en Prada, les personnages sont plus fouillés, plus attachants et surtout plus réalistes. Il est sorti depuis un moment, beaucoup en ont parlé mais je n'avais pas encore pris le temps de le lire. Ce livre est un régal. 

Et cerise sur la gâteau, c'est la talentueuse  Aurore de La Morinerie qui illustre la couverture. L'ebook vient juste de sortir d'où pour une fois un sujet d'actu brûlant sur ce blog que j'ai hélas délaissé un peu trop longtemps.

Balibulle_560.jpgMarie-Jacquette, femme de convictions modesques, collectionneuse de lunettes excentriques, a dévoré l'opus de Charlotte Moreau (aka Balibulle) "Anti guide de la mode" aux éditions J'ai lu"

(manteau et lunettes chinés à Tokyo, sac Carven, chaussettes Marni, sandales Prada)

Le livre de Balibulle lui, effleure les professionnels de la mode pour se moquer plutôt de nos comportements "shopping-conso-girly" dans l'exercice le plus difficile qui soit: faire rire à chaque phrase. Bon, je sais, j'en parle après tout le monde. Il est sorti depuis un bon moment et nombre d'entre-vous l'ont déjà lu. Mais, admirative du blog de Balibulle et dans un élan de solidarité blogosphérial, je tenais à marquer le coup.

Ce sera tout pour aujourd'hui. De retour à ma planche à dessins et mon ordi, je devrais aborder la question existentielle "quel outfit élégant et ergonomique pour le printemps?" dans les plus brefs délais.

lundi, mars 24 2014

DDessin (14)

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Cette semaine est la semaine du dessin à Paris. Je serai chez DDessin

Rendez-vous sur place et sur mon Instagram pour la suite des événements!

mardi, mars 18 2014

Illustrations now!


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J'ai la fierté de vous annoncer que mon travail sera présenté au Salon du dessin contemporain DDessin 2014 qui se tiendra à Paris du 28 au 30 mars à l'Atelier Richelieu. Cette année, un corner de 4 illustrateurs de presse et de mode sera présenté. Mes filles stylées vont donc quitter l'écran pour du papier le temps d'un week-end parisien. Présenté ici un extrait de "#ootd" dessin sur papier Ingres, feutres, encre de Chine, stylo Bille et crayon de couleur.

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Maya, étudiante aux Arts déco de Paris, section "illustration de mode", néo punk girly et tatouée, nous présente "Illustration Now!" LE livre qu'il faut avoir si on aime l'illustration ou qu'on projette d'en faire son métier. (Tshirt Markus Lupfer)

Enfin un livre qui actualise le "marché actuel" des illustrateurs de mode. La presque totalité des illustrateurs de mode marquants d'aujourd'hui, et dans le monde entier, y est présentée. C'est un régal. 

Lorsque j'ai commencé ce blog, je ne pensais pas faire de l'illustration. Les dessins que je gribouillais ne servaient qu' à illustrer mes propos. D'ailleurs, je ne connaissais que Gruau, Carlotta, Soledad, Mats Gustafsson et François Berthoud et m'intéressais très peu à ce métier.

Puis, à la suite de demandes de plus en plus nombreuses, j'ai perfectionné mes dessins tout en ne voulant quand même pas trop regarder ce qui se faisait ailleurs afin de ne pas être influencée et me forger un style personnel. Aussi quelle ne fut pas ma surprise (la fille naïve!) lorsque j'ai découvert il y a 2 ans environ qu'il y avait en fait pas mal d'illustrateurs qui avaient un genre pictural proche du mien (visages au trait, couleurs sur les vêtements, proportions du corps et traits du visage réalistes). En fait, on ne peut échapper à son époque.

L'illustration de mode aujourd'hui est riche et créative. Dans "Illustration Now!", on peut regrouper les "familles": les peintres, les aquarellistes, ceux qui esquissent et disent tout en deux coups de pinceau... Les intellos, les caricaturistes, les minimalistes, les stakhanovistes du dessin méticuleux... Ceux qui font des collages, ceux qui font des tâches, ceux qui font des dessins hyper propres à l'ordi..

Très peu de ringards. Le niveau est excellent. 90 illustrateurs sont présentés. Du lourd.

"Illustration Now!" de Julius Wiedemann aux Éditions Taschen.

lundi, mars 3 2014

Les filles qui se la pètent #2

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Marie-Odile est acheteuse/tête chercheuse pour un célèbre magasin londonien. C'est sa tenue vestimentaire et non sa façon d'être qui, en maintenant ses distances avec la plèbe, la hisse au rang envié des filles qui se la pètent. Étant forcément au bon endroit, au bon moment, son dressing est plein de pièces rares, androgynes ou cérébrales qui sentent bon la radicalité stylistique. Notez son manteau CDG qui lui permet toujours d'avoir une table dans les restos branchés (là ou vous et moi aurions juste un "c'est complet" condescendant). Notez également son sac, le dernier né de Pierre Hardy, et ses lunettes, fruit d'une collaboration improbable entre Oliver Peoples et Robert Evans (le producteur de Rosemary's baby qui emballait sec les starlettes avec ses lunettes de playboy). Les mitaines aussi, indispensables pour se la péter avec des bagues conceptuelles.

Notez que vous pouvez vous procurer plus facilement ses mitaines en cachemire dans la Dandy Box pour femme, et ses Stan Smith revenues du diable vauvert et dispo maintenant un peu partout. C'est toujours ça de gagné.

Manteau Comme des Garçons - Pull Esk - Cardigan Margaret Howell- Lunettes Oliver Peoples - Pantalon Acne - Mitaines Poncho Gallery - Sac Pierre Hardy -Baskets Stan Smith - Bague MMM.

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Francine a un genre que j'affectionne particulièrement: celui des filles qui se la pètent en dépit d'un physique de mémère. À 53 ans, Francine prend toujours des poses de conquérante blasée. Elle a, malgré un faible pouvoir d'achat, un vestiaire élégant aux accents désuets dont elle semble ignorer le potentiel fashion. Où a-t-elle trouvé son manteau qui fait Miu Miu ? Elle sait pas, elle sait plus, elle s'en fout. Ses lunettes de membre du KGB? Celles de son père qu'il avait peu porté. Malgré son dos vouté, sa taille râblée et son bob de pluie mis n'importe comment, elle impose à la manière d'une Jeanne Moreau ou d' une excentrique britannique. 

Chapeau de pluie Burberry (quand même) - Gants de conduite Monoprix - Chaussures vernies Boden (là où se fournit Cécile Duflot!)

mercredi, février 19 2014

Les filles qui se la pètent

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Les filles -à l'allure royale ou cool- provoquant envie, jalousie, défiance ou mépris -mais à qui on rêve toutes, secrètement, de ressembler- se devaient de faire partie des icônes de style de ce blog dévolu aux filles qui, question style, en ont sous le capot. 

Bertine s'adonna très tôt à l'art de la mâche attitude et compris vite combien cela lui conférait une aura de fille cool. Le chewing-gum devint alors son meilleur compagnon. Remarqué à son Grand Oral de Sciences Po Paris, remarqué à l'enterrement de Tante Jacqueline, remarqué au dîner de la F&A de la Trevor's Company. Lorsqu'elle est à cours de munitions, elle met au réfrigérateur son chewing gum mâché pour le reprendre le lendemain.  

Cette particularité associée à une façon de se tenir singulière (ou requérant une grande souplesse) a rendu cette fille énervante inspirante qu'un rien habille désormais. Top en crêpe tricolore MSGM, pantalon JOSEPH à tomber, escarpins PROENZA SCHOULER à tomber également, le tout hyper soldés chez MODE-B. Je dis ça , je dis rien.

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Élise n'y va pas de main morte non plus. Son style: chic/caustique/ravageur. Son signe particulier: ne se brosse jamais les cheveux. Si on ajoute à ces détails, une mine hautaine, on obtient une fille qui se la pète, comme on les aime. Aujourd'hui, dans un élan de magnanimité propre à celles qui ont réussi, Élise nous montre comment on peut s'habiller swag facilement et sans dépenser une fortune. Cela ne vous aura pas échappé, elle porte le célèbre sweat First Lady du collectif girlshaveperiods dont elle ne pouvait qu'adouber l'esprit mutin. 

Manteau en faux léopard Zara largement soldé, sweatshirt Girlshaveperiods, jupe ASOS, bracelet Jennifer Fisher x StopItRightNow chez Barneys NY, escarpins Proenza Schouler.

(à suivre)

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jeudi, février 6 2014

Le bomber jacket de notre mec

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Le bomber jacket, fleuron de la rue dans les année 80 était relégué, depuis, au purgatoire de la mode. Le retour du blouson bien blousant l'a fait sortir du bois et l'a installé en guest star dans les collections -majoritairement masculine- de l'automne dernier. L'art du porter oversize étant maintenant acquis et rodé, notre bomber peut désormais quitter les rangs serrés des fashion early adopter et se poser crânement sur les épaules des filles de 20 à 60 ans et + 

Mariette, 43 ans (taille 40 fluctuante) porte un bomber jacket de la façon la plus attractive qui soit  (pour les quadra/quinqua qui dépotent question mode). Sur la forme, une allure féminine avec des codes bourgeois, sur le fond: des vêtements ou accessoires rock, skate ou excentriques.

- une jupe en cuir Topshop, un Tshirt culte, et aux pieds les sleeping beauties de Charlotte Olympia.

Sidonie, 26 ans (taille 38), porte une robe en tweed façon mamie ou Chanel, qu'elle a fait retailler afin qu'elle ressemble aux robes de Victoria Beckham. Elle est toute fière d'avoir trouvé des collants de la même couleur que ces boots pas chères mais-qui-font-la-blague, achetées à Berlin. 

Comme je n'arrive plus à sortir mes billets dans les temps, ce post qui aurait dû sortir en octobre arrive à temps avant les derniers jours de soldes. Qu'importe, il sera encore présent au printemps (je l'ai même vu, dans les collections pour femme, dans une version à fleurs).

Qui en vend, qui en fait? tous les surplus d'armées, les fripes de toutes les villes mais surtout dans des versions plus élaborées Christopher Raeburn, Sacai, Marni, Paul Smith, Margiela, Aspesi....

mercredi, janvier 22 2014

Sophie Malagola

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Smoking Yves Saint Laurent, lunettes Marni, escarpins en cuir holographique Jimmy Choo, guéridon de Meret Oppenheim, lingerie Sophie Malagola.

Sophie fait partie de ma bande dans la vraie vie. Elle est créatrice/D.A. lingerie pour plusieurs maisons. Dim, Léonard, Plein Sud Sun, Lejaby, Hechter... Elle a bossé pour pratiquement toutes les marques de lingerie en France et maintenant à l'étranger. 

Les sélections de marques pour La Redoute, c'est elle,  Etam + Natalie Vodianova, c'était elle (jusqu' à l'année dernière), les jolies nuisettes de Le Chat, c'est elle... Bref, dans le monde des sous-vêtements froufroutants, Sophie Malagola est reconnue. Sa longue silhouette aux allures de mannequin est familière dans tous les salons de lingerie ou de beachwear. La seule ligne de lingerie du Crazy Horse qui avait créé l'événement il y a quelques années, c'était elle bien sûr. C'est chez Chantal Thomass que je l'ai connue. Nous étions alors des stagiaires timides, fraîchement sorties de l'école. 

Dernièrement, alors qu'elle répondait à une interview à la TV, je me suis demandé comment cela se faisait-il que je ne l'avais pas dessinée pour mon blog. Avec ses longues jambes, ses smokings légendaires, et maintenant ses big glasses Marni, elle est digne de faire partie de l'aréopage des filles stylées de accrodelamode. 

Ma Sophie, maintenant, tu en es! 

mardi, janvier 14 2014

Manteau noir enveloppant

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Ce manteau aurait pu passer inaperçu si une vendeuse bien intentionnée ne l'avait pas mis au bout d'un portant. Il était tout seul au milieu d'une marée de polyester, de dentelles et de tissus clinquant pour les fêtes. J'ai cru un instant qu'on l'avait accroché là par erreur. Non, il faut croire que certains stylistes de marques mainstream (hors Zara et H&M) se laissent aller à produire quelques modèles auxquels ils croient sans écouter les directeurs de studio "mais ma pauvre fille, ça ne se vendra jamais". 

Ce manteau fait partie des manteaux "oversize" pas toujours bien réussis dans les enseignes à prix moyens. Il est réalisé dans un whipcord de laine, qui gratte (mes préférés, les plus solides, originaires de la perfide Albion, pas une laine de tapette). La forme est impeccable, pas de détails superflus, un vrai basique chic et le prix plus que raisonnable: 190 € avant les soldes. Aucune indication de l'endroit où il a été fabriqué. La marque? J'oubliais: V.O. Version Originale, la marque des Galeries Lafayette, que je ne regarde d'habitude jamais. Je viens de le trouver sur leur site. (N.B. leur photo est à chier, il est vachement plus beau en vrai.)

Depuis il a subi la pluie, les poils de chien, le jeté sur le lit écrasé sous les manteaux des invités. Il s'en est sorti honorablement, à peine froissé. Dans mon dressing, il ne dépare pas à coté de mon manteau Marni. Bref je l'adore. Il est beaucoup plus foncé que sur mes dessins: un noir profond presque bleu marine. Les seuls inconvénients: qui gratte, attrape. Il accroche tous les cheveux, fibres en mohair... Et il n'est pas forcément très chaud. le poids au mètre du tissu est celui d'un tissu pour blazer. Mais, bon, vu l'ampleur, on peut mettre un gros pull dessous. 

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Sur une brindille de 25 ans habillée cool, ça le fait. Clarisse le porte en mode débraillée malgré l'air vif du matin + un sweat XL avec une inscription fantaisiste dessus (ici le nom d'une top-icône des années 80) et un jean et des converses blancs (ou pour les fashion radicales, des Stan Smith nouvelle édition (ou mieux, des vieilles archi abîmées).

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Sur Noémie (40 ans) qui fait en ce moment une fixation sur Lee Radziwill, ça le fait. Mais attention! Pas de collier de perles et d'escarpin.  L'allure "madame" est rajeunie avec une jupe quille en cuir, des collants noirs opaques et des boots à haut talons. On garde le chignon coque 50', on se charbonne les yeux, on se met du mascara qui fait de gros paquets, histoire de ne pas être "parfaite" et on tempère la sévérité de la mise avec des bagues à tous les doigts, du vernis blanc et un très beau sac. Ici, le Saint-Roch de La Contrie en veau Barénia et zip turquoise, une tuerie.

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vendredi, janvier 3 2014

Season's greetings

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Solaires  Walter Van Beirendonck pour Linda Farrow

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mercredi, décembre 18 2013

Mélange de genres

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Inge fait sa belle avec son caniche Tancrède et son sac Gaspar. Gaspar étant le nom du caniche de Carolina Herrera, un des piliers, avec Oscar de La Renta et Ralph Lauren du style américain. 

Inge aime mélanger les genres: un sac de dame blockbuster + un pull arty d'une marque confidentielle.

Lorsque j'ai vu ce sac, (disponible en plusieurs pelages) j'ai su qu'il devait figurer dans ma rubrique "élégances canines" que je n'avais pas alimentée depuis un moment. L'idée d'être chic en toutes circonstances -et surtout lorsqu'on promène son chien- est bien un des problèmes majeurs et existentiel de ce blog, vous l'avez compris. 

Mais revenons à ce sac. Il provient de la ligne lifestyle de Carolina Herrera: CH. Pas jeune-jeune, plutôt dadame, la marque est une institution et fédère les fidèles du style de Carolina Herrera, sacrée plusieurs fois "best-dressed woman in the world" et archétype de la socialite américaine, protégée de feu Diana Vreeland. Une époque, un mythe. 

Inge porte un pull NIco, mon autre coup de coeur dans un genre complètement opposé. Nico ( Night Is Coming On) est une marque française très prometteuse. À découvrir ici, pour ceux qui ne connaissent pas encore. Le manteau, c'est mon propre manteau acheté le week-end dernier (qui en fait est noir) et dont je parlerai après Noël. Les bagues viennent du site les trouvailles d'Elsa.

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