Accro de la Mode

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vendredi, septembre 4 2009

Les sabots de Valérie



Une des allures qui m'inspire le plus ces temps-ci, c'est l'allure que procurent les sandales à semelles de bois. J'y ai pensé tout l'été et j'y pense encore pour l'hiver. C'est la faute de Valérie Salacroux qui ne marche plus qu'avec ça... Et elle n'est pas la seule.

Quand j'ai rencontré Valérie, elle revenait d' Italie où elle travaillait chez Prada et Miu Miu. Le mal du pays et un amoureux français l'avaient fait quitter cette boite prestigieuse où elle a appris tout un savoir-faire. Elle décida alors de travailler en free-lance pour plusieurs boites aussi prestigieuses puis l'idée germa de créer quelque chose. C'est ainsi que sa marque éponyme vit le jour sans tambours ni trompettes car Valérie est une fille discrète. 

Au début, la marque vivotait car Valérie travaillait encore en free-lance à coté pour "pouvoir vivre". Et puis c'était la grande époque du Bling Bling triomphant, pas du tout l'esprit de Valérie qui plus d'une fois aurait pu se décourager. Elle me disait: "comme c'est dur d'être soi même et de ne pas vouloir faire du branché à tous prix.. je ne vais quand même pas faire du doré et des talons de 10 cm de haut?.." Néanmoins, de nombreuses filles repérèrent ces chaussures au vrai chic naturel qui faisaient ô surprise... un pied sexy. 

Car c'est là, l'atout majeur de Valérie. Elle sait ce qui fait un beau pied et une belle cambrure. Je le remarque à chaque fois que je porte un de ses souliers: le coup d'oeil bref mais appuyé des filles que je croise dans la rue à Paris, à Londres ou ... dans le Gers.

L'autre particularité de Valérie, c'est qu'elle fait tout fabriquer en France. Les nu-pieds sont fait au Pays Basque et les sabots dans le Périgord. Les matières sont belles: du bois de hêtre pour les semelles, du veau naturel provenant des belles tanneries d'Alsace réputées pour leur savoir-faire. Les sacs et les accessoires sont eux aussi réalisés en France. Les prix sont tout à fait raisonnables compte tenu que la marge que prend Valérie n'est pas celle des grands groupes de luxe.

Aussi petit à petit, les chaussures de Valérie commencèrent à être connues. Vendues dans sa propre boutique (qui est aussi son atelier), dans quelques unes des plus jolies boutiques de chaussures en France et à l'étranger, elle a aussi un site.

Quelques filles connues pour leur élégance commencent à pousser la porte de son atelier. La dernière en date Emmanuelle Devos qui, en voyant une photo de ses sandales dans le magazine MILK lui en a pris plusieurs.. 

Ainsi, par sa ténacité, et grâce à un produit honnête et sans esbroufe, Valérie la discrète a réussit à "tenir la route". Je vous invite à découvrir ses collections... 

Car cet automne, avec des collants, des grandes ou des petites chaussettes, rustiques ou en fil d'Écosse, du jean ou de la robe imprimée, réchauffée par un cardigan, la plus cool, ce sera vous !

 

mercredi, mai 13 2009

Encore un breton


( à la manière de Marie-Amélie Sauvé pour le VOGUE Français mais en plus simple sur Daphné, 14 ans et taille 34, un chapeau en toile irisée 036 et un sac 116 Jacques Le Corre, une chemise en chambray Ksubi, une marinière St James, un ceinturon de l'armée et un jean Cheap Monday.

Il est un créateur discret dont vous connaissez sûrement la boutique à Paris, rue St Honoré. Il s'agit de Jacques Le Corre.

Spécialiste de chapeaux, il propose également une ligne de sacs. Aujourd'hui où même les marques de luxe "délocalisent" ( histoire sans doute de faire encore plus de profits ), l'attitude de Jacques Le Corre est remarquable, puisqu'il fait tout fabriquer en France.

Paraît-il un peu tête de mule, Jacques Le Corre ne veut pas s'emmerder avec des fabricants à "Pétaoushnock". Sur place, il contrôle tout. Ainsi, il nous démontre qu'il y a encore du savoir-faire en France chez les chapeliers. Ses chapeaux commerciaux sont fabriqués dans un petit atelier dans le sud de la France et ses chapeaux plus complexes pour l'image  ( que vous verrez dans mon prochain "spécial mariage" ) dans un atelier à Paris.

Il vend une vraie image  "French touch" au Japon et aux States et même si il n'est pas prophète en son pays, ( vous les voyiez ses produits dans la presse? ) il garde une boutique ravissante et très bien placée au 193, rue saint Honoré. 

Ainsi, on peut se la jouer "Lou Doillon" en borsalino tressé 062 ou "Burberry' avec un bob irisé 049. 

Bien évidemment, ses prix sont parfois élevés puisque les ouvriers Français ne sont pas encore payés au bol de riz/jour. Mais entre un chapeau fait à la va-vite  par un chinois épuisé et ceux là pensés, élaborés avec patience et  examinés sous toutes les coutures, mon choix est vite fait. Ils durent plus longtemps et vieillissent bien car ils sont fabriqués avec... amour.

 

 

vendredi, avril 10 2009

Les bretonnes III



Gwénaelle Le Soizic, élue à 15 ans par ses copines de lycée," les plus longues jambes de Douarnenez" est depuis peu assistante d'un créateur de mode renommé. Elle n'hésite pas à porter insolemment le Kabig qu'elle portait ado, un autenthique Kabig breton fabriqué par la vénérable maison LE MINOR de Pont-L'Abbé et qui fait rare ne comporte qu'une seule poche ventrale comme les premiers kabigs ou comme  ceux des enfants. Le Kabig est une sorte de duffle-coat autrefois vêtement des goémoniers et toujours fabriqués en Bretagne par différentes maisons. Frieda l'écuyère en bonne demi-Bretonne en parle dans sa catégorie "vocabulaire de mode". Notre Gwénaelle est arrivée ainsi vêtue avec les chaussures/collants de Balenciaga, une longue écharpe tricotée par sa grand-mère de Pleumeur-Bodou et le sac en laine de Florence le Maux.

 Le créateur renommé en est resté sans voix.



Solène Ker Ouët a gardé également son ciré Guy Cotten qu'elle avait eu pour son stage de voile aux Glénan lorsqu'elle avait 14 ans. Un peu trop court et ajusté, il a une dégaine incroyable et va parfaitement avec son look de brindille. ( jean Lévi's, chaussettes Saint James, ballerines French Soles). Son amie Cristel Le Bagad Delambihouë, elle, ne jure que par son caban à boutons dorés Michel Beaudoin qu'elle porte telle un mousquetaire avec les fameuses cuissardes GUCCI de l'hiver 2003, qu'elle a réussi à avoir après beaucoup de sacrifices. Un vieux slim et un T. Shirt publicitaire et hop, elle est la fille la plus cool de Rennes.

Pour clore le premier volet de ce dossier "Made in France", voici donc une liste non exhaustive de marques Bretonne qui ont encore une grande partie de leur production en France. Si j'en oublie, n'hésitez pas à me le signaler. Merci.

Allain Confection, Armor Lux, Michel Beaudoin, Guy Cotten, Dolmen, Le Glazic, Mât de Misaine, Royal Mer Bretagne, Saint James...  

mardi, avril 7 2009

Les bretonnes II


Naïk Le Gwen ne quitte jamais ses pulls marins en pure laine qu'elle associe à des tenues très mode qu'elle confectionne souvent elle même. Ici, un pull Le Minor avec une jupe corolle en drap de laine et une ceinture en tweed. L'ouverture boutonnée sur l'épaule typique sur ce genre de pull également fabriqué par Armor Lux et Saint James met particulièrement en valeur le beau profil de figure de proue de navire de cette fille d'éminents thoniers.


Marie-Pierrick Lannoët ne quitte plus sa marinière vintage trouvée dans un vide grenier de Guilvinec. Portée en robe et avec des talons hauts, elle ne se sépare pas non plus de son sac 100% étanche et 100% made in France du célèbre fabricant de cirés Guy Cotten.

La blogueuse Marion M dont j'apprécie l'allure rock et les cheveux savamment décoiffés nous prouve que la marinière est bel et bien un classique du vestiaire Français. Pourtant Toulousaine, elle est pourvue d'une maman super sympa et collectionneuse de marinières qui lui a légué sa collection. Elle les assortie de différentes façons comme ici avec de la fourrure vintage et un sublime cartable en croco, également un héritage familial.

Les Bretons, eux sont sur mon blog Homme!!

mardi, mars 31 2009

Les bretonnes


( caban et marinière  ARMOR LUX, bonnet de quart rouge SAINT JAMES, chaussures" bateau" achetées à une coopérative maritime, pull Crouesty ROYAL MER BRETAGNE, caleçon coupé, sweat lambda sur lequel Gwénola a peint au pochoir un drapeau Breton géant).

 Je me souviens qu'adolescente, j'avais demandé à un nouveau de la classe si il était "zoreil" ( à l'île de La Réunion, le zoreil, c'est celui qui vient de France). Il m'avait répondu, dressant fièrement la tête et les cheveux au vent : "non! Je suis Breton!" M'excusant pour cette effroyable méprise, je changeais alors de sujet, me sentant sur un terrain miné.

Car, aidés par une littérature foisonnante, où il est question de korrigans virevoltant dans une lande déserte aux blocs de granit solitaires battue par les vents, nous avions compris, (les Réunionnais) qu'en France, il y avait des français et des Bretons. Un peuple fier et insoumis aux noms bourrés de K et de W, accrochés à la barre d'un bateau, résistant aux vagues et aux embruns, un peuple où les femmes de marins prient la Sainte Vierge et où sur les photos jaunies, elles posent en robe noire, coiffe de dentelle et sabots, à une époque où leur contemporaines portaient tailleurs, talons aiguille et permanentes.

Bref, ces gens me fascinaient. Leurs parents avaient en général un autocollant BZH sur leur voiture, mais ce qui par la suite m'a amené à les observer avec avidité, c'est que tôt ou tard, ils arrivaient avec une marinière.

Aucune région en France n'a eu, à ce point, un style vestimentaire propre. Je ne parle pas, bien évidemment, du costume traditionnel (bien qu'encore porté par les personnes âgées en pays Bigouden) mais de tous ces vêtements utilitaires, propres au milieu nautique portés tous les jours et récupérés par la mode. Et aucune région de France ( avec sa cousine la Normandie) n'a à ce point investit les codes vestimentaires créant ce qu'il est convenu de nommer: le style français. Qui n'a pas une marinière, un ciré jaune, un bonnet rayé en laine pour son enfant, un bol avec son nom dessus...?

Le Breton avec son attachement à sa culture et son désir de ne dépendre de personne, a contribué à l'essor de toute une industrie Textile Française pourvoyeuse d'emplois qui peut être largement saluée aujourd'hui où nous voyons nos usines et notre savoir-faire disparaître. ( celui qui me démontrera que Armor Lux ne fait pas tout pour garder 40% de sa production en France, je lui offre un verre de chouchène). Il est grand temps d'y penser et d'acheter sa marinière, incontournable de cet été chez Armor Lux (100% made in France ) ou Saint james plutôt que chez H&M.

À l'heure où nous apprenons que Vendée Maille, une entreprise saine, produisant des produits de qualité est mise en liquidation, il est grand temps de réagir par des achats citoyen qui vont, espérons-le faire changer d'avis des centrales d'achat frileuses qui préfèrent acheter du pas cher alors que le client au final est tout disposé à investir dans de la qualité "made in France".

(  à suivre.. plein de Bretonnes top fashion arrivent avec leurs vêtements 100% made in French Britany)