Accro de la Mode

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jeudi, novembre 27 2014

La presse hype

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Pull et pull-écharpe Christophe Lemaire - jupe A.P.C. - sac La Contrie X Holiday - solaires Tom Ford - chaussures Adidas Superstar - sweat-shirt sur l'eshop de Holiday

Les années 2000 ont vu l'essor d'un genre que j'affectionne particulièrement et que l'on surnomme, dans les milieux autorisés, le hard to find magazine. En clair: le magazine de mode hyper pointu, indépendant, et publié en anglais pour une seule diffusion internationale. 

Ce type de magazine est devenu au fil des années un produit hype au même titre qu'une marque de vêtements courue. Véritables concentrés de chic et laboratoires d'idées, ils fédèrent un public fervent et averti et ont lancé toute une générations de stylistes, de photographes et de directeurs artistiques. Les ancêtres notoires (des années 80): The Face, i-D, Jill... Ceux qui ont fait les années 90 et donné le "la": Dazed&Confused, Wallpaper, Self Service... Puis Tank, (le premier mook), Numero, Another et tant d'autres... Certains formés par une bande de copains photographes et stylistes, d'autres par un studio de graphistes, initialement dans le but de montrer leur travail. 

Depuis, ils sont légion et ornent les étagères des concept-stores. En général vite épuisés dès leur sortie, introuvables ailleurs que dans les grandes capitales, leurs acquéreurs suscitent l'envie. Certains, à la diffusion confidentielle, comme Candy en Espagne, sont rapportés de voyage comme de précieux trésors. 

C'est dans ce contexte que l'élégant Holiday, un magazine américain diffusé de 1946 à 1977, renaquit de ses cendres au printemps dernier à Paris. C'est le très chic Atelier Franck Durand qui a relevé le gant pour un résultat à la hauteur de nos espérances. Même format que l'original, mêmes thématiques, même esprit. Marc Beaugé est le rédacteur en chef et Franck Durand le directeur artistique. 

Cerise sur le gâteau, comme le magazine Monocle, Holiday propose sur son site un eshop où l'on peut se procurer, outre le magazine, des produits estampillés du nom du mag à la typo mi-preppy mi-moderniste. 

Mais c'est sa première collaboration qui attire l'attention. Holiday a choisi la maison La Contrie (dont j'avais parlé ici). La Contrie réalise des sacs luxueux et rigoureusement fabriqués. Ici, le sac est en toile et cuir. 

Joséphine, sur l'illustration plus haut, l'a tout de suite adopté. Il réveille sa jupe en flanelle grise qui en d'autres temps aurait fait "religieuse en civil" et fait écho par son allure sport vintage à ses baskets à bandes du fameux bleu "années 70".

lundi, avril 23 2012

Les sacs La Contrie

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Marjorie fait sa fière avec son sac La Contrie la marque qui monte, qui monte. (manteau d'officier hongrois customisé avec un biais blanc (inspiration: Bouchra jarrar), lunettes dessinées par Marjorie elle même et réalisées par la Maison Bonnet, sac Rohan de La Contrie dont elle a choisi le cuir et la couleur. Vous l'avez compris, Marjorie aime avoir son mot à dire sur les choses qu'elle porte et les porte... longtemps.

La Contrie, c'est mon gros coup de coeur. Cela faisait un moment que je désirais m'y rendre, chose faite lors de mon dernier voyage à Paris. Je n'ai pas été déçue. C'est Edwina de Charette de la Contrie, en personne, qui accueille les clients, tablier au cou. Edwina fait partie de la nouvelle catégorie des artisans hype. Ici, pas d'atelier poussiéreux: parquet de Versailles aux murs et moquette épaisse chocolat au sol. Un escalier à la Guggenheim descend au sous-sol vers les ateliers immaculés,  maintes fois photographiés par le bloggueur emblématique JJJJound qui lui a d'ailleurs commandé une série de portes cartes de visites gravé à son initiale. (la boutique Colette aussi lui demande de la maroquinerie à ses couleurs). Deux garçons suppléent Edwina, aux allures d' hipsters new-yorkais. 

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Mais même si le décor est volontiers tendance, Edwina est frileuse avec la mode. Puisque celle-ci se démode 6 mois après, elle ne peut s'en contenter. Ses sacs sont faits pour durer. Ceci explique son succès. Ici on ne vient pas pour montrer son statut et dégainer un énième it-bag, on y cherche le travail bien fait, la beauté des matières, le savoir-faire et un objet auquel s'attacher et transmettre à ses enfants. 

Je me souviens, qu'il y a 4 ou 5 ans lorsque nous voyions la production de sacs de luxe exploser (ainsi que leurs prix), nous nous lamentions sur le fait que leurs finitions et leur qualité étaient minables comparé aux sacs de petits maroquiniers locaux produits en France dans les années 50. 

Les choses changent désormais. Edwina fait partie de la nouvelle garde qui propose des produits que même Hermès, pressé par les listes de commandes qui s'allongent, ne propose plus depuis longtemps.

L'artisanat de luxe nous revient, il était temps.

Mes amis, je vous retrouve pour certains, vendredi au Festival de Mode de Hyères et, sur ce blog, lundi prochain pour un billet... inhabituel!

EDIT: La Contrie sur "La Mode, la mode, la mode" http://vimeo.com/35560018