le blog illustre

ICÔNES DE STYLE

mercredi, septembre 3 2014

L'héritière

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Pour démarrer la rentrée dans les meilleures conditions stylistiques, observons Rose Grace. Rose Grace, 22 ans, se classe dans un genre toujours le bienvenu dans la presse mode/people: la fille de.

Elle est fille de, petite-fille de, cousine et nièce d'un aréopage de femmes célébrées pour leur élégance et leur esprit. Sa famille est bien sûr argentée, tirant ses subsistes de plusieurs aïeux capitaines d'industrie. La barre est tellement haute que Rose Grace aurait pu baisser les bras et devenir une contestataire du style en portant, par exemple, du polyester ou du Desigual ou pire, naviguer en mode bling bling. Non, elle relève le gant avec style.

Elle a donc lancé une ligne éponyme de bijoux impeccable (il est aujourd'hui avéré que lorsqu'une héritière veut se lancer dans la mode, 70% d'entre elles choisissent de faire des bijoux). Fascinée par l'univers de Christian Astuguevielle dont sa mère possède de nombreuses pièces, elle tresse, noue, assemble de beaux cordages en chanvre. Aujourd'hui, elle porte des protos "chanvre et or" pour l'été prochain sur un Tshirt Hanes, taille 14 ans, sur lequel elle a peint à l'arrache des rayures avec un pinceau brosse et une peinture spéciale tissus. Son intérieur est un espace vide en béton brut meublé de mobilier rare ça et là. Ici un fauteuil Jangada du brésilien Jean Gillon (1960), un luminaire de la même époque non signé et un coussin XL fait sur mesure (tissu House of Hackney). Tapis traditionnel en jacinthe d'eau que l'on peut trouver chez AM-PM

Cet esprit "cordages portuaires" dans un décor brutaliste et tropical me semble être apaisant pour aborder la fin de l'été. Bonne rentrée à tous! 

lundi, mars 3 2014

Les filles qui se la pètent #2

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Marie-Odile est acheteuse/tête chercheuse pour un célèbre magasin londonien. C'est sa tenue vestimentaire et non sa façon d'être qui, en maintenant ses distances avec la plèbe, la hisse au rang envié des filles qui se la pètent. Étant forcément au bon endroit, au bon moment, son dressing est plein de pièces rares, androgynes ou cérébrales qui sentent bon la radicalité stylistique. Notez son manteau CDG qui lui permet toujours d'avoir une table dans les restos branchés (là ou vous et moi aurions juste un "c'est complet" condescendant). Notez également son sac, le dernier né de Pierre Hardy, et ses lunettes, fruit d'une collaboration improbable entre Oliver Peoples et Robert Evans (le producteur de Rosemary's baby qui emballait sec les starlettes avec ses lunettes de playboy). Les mitaines aussi, indispensables pour se la péter avec des bagues conceptuelles.

Notez que vous pouvez vous procurer plus facilement ses mitaines en cachemire dans la Dandy Box pour femme, et ses Stan Smith revenues du diable vauvert et dispo maintenant un peu partout. C'est toujours ça de gagné.

Manteau Comme des Garçons - Pull Esk - Cardigan Margaret Howell- Lunettes Oliver Peoples - Pantalon Acne - Mitaines Poncho Gallery - Sac Pierre Hardy -Baskets Stan Smith - Bague MMM.

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Francine a un genre que j'affectionne particulièrement: celui des filles qui se la pètent en dépit d'un physique de mémère. À 53 ans, Francine prend toujours des poses de conquérante blasée. Elle a, malgré un faible pouvoir d'achat, un vestiaire élégant aux accents désuets dont elle semble ignorer le potentiel fashion. Où a-t-elle trouvé son manteau qui fait Miu Miu ? Elle sait pas, elle sait plus, elle s'en fout. Ses lunettes de membre du KGB? Celles de son père qu'il avait peu porté. Malgré son dos vouté, sa taille râblée et son bob de pluie mis n'importe comment, elle impose à la manière d'une Jeanne Moreau ou d' une excentrique britannique. 

Chapeau de pluie Burberry (quand même) - Gants de conduite Monoprix - Chaussures vernies Boden (là où se fournit Cécile Duflot!)

mercredi, février 19 2014

Les filles qui se la pètent

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Les filles -à l'allure royale ou cool- provoquant envie, jalousie, défiance ou mépris -mais à qui on rêve toutes, secrètement, de ressembler- se devaient de faire partie des icônes de style de ce blog dévolu aux filles qui, question style, en ont sous le capot. 

Bertine s'adonna très tôt à l'art de la mâche attitude et compris vite combien cela lui conférait une aura de fille cool. Le chewing-gum devint alors son meilleur compagnon. Remarqué à son Grand Oral de Sciences Po Paris, remarqué à l'enterrement de Tante Jacqueline, remarqué au dîner de la F&A de la Trevor's Company. Lorsqu'elle est à cours de munitions, elle met au réfrigérateur son chewing gum mâché pour le reprendre le lendemain.  

Cette particularité associée à une façon de se tenir singulière (ou requérant une grande souplesse) a rendu cette fille énervante inspirante qu'un rien habille désormais. Top en crêpe tricolore MSGM, pantalon JOSEPH à tomber, escarpins PROENZA SCHOULER à tomber également, le tout hyper soldés chez MODE-B. Je dis ça , je dis rien.

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Élise n'y va pas de main morte non plus. Son style: chic/caustique/ravageur. Son signe particulier: ne se brosse jamais les cheveux. Si on ajoute à ces détails, une mine hautaine, on obtient une fille qui se la pète, comme on les aime. Aujourd'hui, dans un élan de magnanimité propre à celles qui ont réussi, Élise nous montre comment on peut s'habiller swag facilement et sans dépenser une fortune. Cela ne vous aura pas échappé, elle porte le célèbre sweat First Lady du collectif girlshaveperiods dont elle ne pouvait qu'adouber l'esprit mutin. 

Manteau en faux léopard Zara largement soldé, sweatshirt Girlshaveperiods, jupe ASOS, bracelet Jennifer Fisher x StopItRightNow chez Barneys NY, escarpins Proenza Schouler.

(à suivre)

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vendredi, mars 1 2013

Les galeristes #2

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Edmonde est résolument fashion. Pour sa galerie, elle ne référence que des artistes qui tutoient les rédactrices de mode. Car - c'est bien joli l'art, mais il faut vendre ma bonne Dame - 

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lundi, février 4 2013

Les galeristes

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Les galeristes sont toujours inspirantes. Évoluant dans un milieu codé où se mêlent art, culture et argent, elles doivent hisser leur style vestimentaire à la hauteur des oeuvres environnantes et des clients. 

Serjane, a un style aussi épuré qu'un siège de John Pawson. Ce choix radical lui permet d'avoir une garde robe racée et peu couteuse sur le long terme puisqu'elle alterne les mêmes formes depuis quinze ans dans des vêtements collectés en solde ou en ventes privées. Elle peut ainsi snober les quelques clients bling bling qui se hasarderaient dans sa galerie.  - sandales RUPERT SANDERSON 

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Le style de Shireen peut paraître simple à première vue. Il n'en est rien. Shireen, stagiaire dans une galerie new-yorkaise se démène pour avoir un air arty détaché. Elle a un goût prononcé pour les imprimés couture, sans en avoir les moyens. Elle se taille donc des robes dans des coupons vintage ou bien porte des trouvailles inattendues comme ici cette robe trapèze de Tara Jarmon à l'imprimé étudié.  Barrette 047 de DESIGNACCESS - ballerines REPETTO

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lundi, mai 14 2012

La Duchesse de Windsor


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Le Duc et la Duchesse de Windsor dansant le jerk, au son d'un électrophone caché dans un placard, dans le décor opulent de leur maison de Gif sur Yvette. Robe d'après-midi à motifs 70'...  bientôt chez Zara? Vous ne rêvez pas, cette vieille dame aux sourcils bizarrement épilés et ce vieux monsieur aux joues couperosées ont causé une des plus grandes crises de la monarchie britannique et furent des modèles d'élégance. 

C'est la Duchesse de Windsor qui aurait dit :"une femme n'est jamais ni trop mince ni trop riche".

Deux événements ressuscitent le style de la défunte duchesse de Windsor

LE FILM DE MADONNA W/E. Les critiques ne sont pas enthousiastes mais les costumes sont fantastiques. Je ne l'ai pas encore vu, n'étant pas parisienne je rate toujours les présentations presse, j'ai cependant envoyé à ma place une amie qui m'a confirmé que, pour les passionnées de mode, le film était à voir.

L'exposition ultra magnifique du Metropolitan Museum de New-York: SCHIAPARELLI AND PRADA: IMPOSSIBLE CONVERSATIONS. N'hésitez pas à lire attentivement le site du Met, on y suit parfaitement le canevas de l'expo. La Duchesse y est évoquée souvent, en cliente fidèle alors, de Schiaparelli. D'ailleurs, ce sont les arabesques blanches sur sa robe noire qui vont inspirer Miuccia Prada pour sa collection de l'été dernier et ses solaires baroques que nous avions tant aimés.

wallis_2_copie.jpgLa Robe aux arabesques de Schiaparelli refaite pour les besoins du film. Déjà sur les lunettes Prada de l'été dernier.

Mais revenons à notre Duchesse. Je résume les faits pour ceux qui l'ignorent: Wallis Simpson, américaine née en 1895, issue d'un milieu modeste, deux fois divorcée, fit la une des journaux lorsqu'en 1936, le jeune roi d'Angleterre Edouard VIII abdiqua pour l'épouser. Wallis était certes divorcée, avait un passé olé olé, mais c'est surtout l'amitié des deux tourtereaux pour Hitler et Mussolini qui contraignit le premier ministre de l'époque à choisir le frère bègue au détriment de Edouard, noceur et séducteur de ces dames. Éloignés du trône, avec un titre de duc et duchesse de Windsor, ils devinrent ce couple chic et oisif qui illustra les revues de l'époque. Exilés à Nassau pendant la guerre, puis en France jusqu'à la fin de leurs jours, le Duc garda cependant ses tweed et la Duchesse un vif penchant pour Cartier. 

Wallis_4.jpgLa photo qui gêne. 

Quel était son style?  

Français et rigoureux, dira Suzy Menkes, alors que celui de son époux, considéré comme un des hommes les plus élégant du siècle est britannique et excentrique. Plus de photos sur mon blog homme. Le style Wallis, c'est avant tout une couleur, le bleu saphir, des bijoux (surtout des broches), un chignon impeccablement érigé par Alexandre lui-même et toujours à ses pieds des chiens (une mode "Yorkshire" au début, "carlin" dès les années 60). Ses couturiers aussi suivirent les époques: Schiaparelli et Mainbocher dans les années 30, Dior et Givenchy dès les années 50, un peu de Cardin pour le fun dans les années 60 et la rigueur de Saint Laurent au tout début des années 70. Elle aimait la simplicité des formes qui mettait en valeur ses bijoux. "la Duchesse aime Paris car Paris n'est pas loin de Dior" aime à rappeler son époux.

wallis_3_copie.jpgLe remarquable travail de Arianne Phillips qui avait réalisé les costumes de "A single man". Notez le bracelet coincé dans la main. Une nouvelle façon de le porter demain?

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Les sacs de la duchesse. Leur nombre réduit pourrait surprendre Kim Kardashian. À l'époque, avoir plus de deux sacs était synonyme de richesse ou d'excentricité. Ne sont pas montrées les minaudières de Cartier qui accompagnaient ses robes du soir. Notez les coussins "carlins". Sur les conseils de Elsie de Wolfe, (Lady Mendl à la ville, décoratrice américaine et socialite, épouse de l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris- femme fort laide mais fort intelligente et surtout avec un goût exquis), Wallis avait saupoudré son intérieur -très français XVIII ème- de "vulgarité" afin de le pimenter. La vulgarité en question acquis ses lettres de noblesse et devint le style Kitsch. Et les coussins en tapisserie à motifs chien devinrent la pierre de voûte du style Wallis at home. ... demain chez Habitat?

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À défaut d'avoir des enfants, ils eurent beaucoup de chiens immortalisés plus tard sur des supports divers: médaillons, sculptures, porcelaines... avec leurs noms: Trooper, Preezie, Slippy Poo, surnommé "Mr Loo"...  Lorsque Mr Loo mourut d'une morsure de vipère, le chagrin de Wallis fut immense. Une pantoufle incrustée de diamants, sertie dans un médaillon gravé "Notre Mr Loo" commémora la mort du chien. Bientôt dans les blogs de street style, des dandies avec des hordes de chiens?

Les images (hormis celles du film) sont toutes issues du livre fabuleux de Suzy Menkes "Le Style Windsor" paru aux éditions du Chêne en 1987. Il se lit comme un roman. Je finis donc ce post comme Suzy qui nous livre le must du style de la Duchesse. Après sa mort, on retrouva parmi ses papiers, écrit de sa main, le régime que son chef devait lui faire respecter quand d'aventure elle avait pris 500g.

Petit déjeuner: jus d'orange et café sans sucre.

Déjeuner: 190 à 200g de viande grillée, salade de tomates assaisonnée de jus de citron, oeuf dur, café.

Dîner: 190 à 200 g de viande grillée, tomates grillées.

EDit du 15 mai: j'apprends ici que Selfridges présente une exposition dans ses murs à l'occasion du Jubilee de sa Majesté: Britannica Exhibition 1951-1953. Peu de chance d'y trouver la Duchesse, mais l'éternel chic anglais dont nous sommes si friands en France. 

jeudi, mars 10 2011

Les filles de la TV (suite et fin)

                   Stéphanie Antoine, spécialiste de l'économie sur France 24

Après des années de suprématie de blondes à la télé, les châtains font une offensive remarquée. La nouvelle garde est en effet à dominante brune, et a choisi comme style vestimentaire un dress code plutôt minimaliste, ou le noir, le gris et le taupe dominent. Riche de vos commentaires j'ai passé en revue les filles les plus plébiscitées: Alessandra Sublet, Stéphanie Antoine... Et je suis arrivée à cette constatation: elles ressemblent toutes à Cécilia Sarkozy.

 Alors que je dessinais Stéphanie Antoine, mon fils, penché sur mon épaule a cru que c'était Carla Bruni! Comme je lui réponds: "oui, c'est fou, on dirait que c'est Sarkozy qui préside aux entretiens d'embauche!" Mon fils a alors cette remarque pleine de bon sens comme l'ont les enfants, et me dit en haussant les épaules: "ben  non, ça veut dire que Cécilia et Carla Sarkozy suivent la mode"...

Et voilà le fin mot de l'histoire: la mode majeure en France aujourd'hui est d'être châtain, aux cheveux mi-longs "rebiqués" en bas et de porter autant que faire ce peut du casual chic et neutre à la Michael Kors. En tous les cas, c'est ce qu'on retiendra de cette décennie en regardant les émissions d'économie et de politique.

(à part of course Daphné Burki et  Maïtena Biraben dont j'aime beaucoup le style garçon marqué). 

La coupe de cheveux de Claire Chazal est encore aujourd'hui un best-seller chez les coiffeurs.

Claire Chazal est à juste titre l'exemple même du style français. Sa coupe de cheveux, même si elle n'est probablement pas la première à l'avoir eu, a été une aubaine pour toutes les femmes qui voulaient un coup de jeune tout en gardant leur style corporate ou bon-chic-bon-genre. Cette coupe a réussi un sacré tour de force: fédérer les trentenaires conquérantes, les quadra triomphantes, les quinqua et même au-delà. Les catho trad' ont abandonné vite fait leur serre-tête en velours, les dirigeantes de société y ont vu là une coiffure "valeur refuge". Tout le monde y a eu droit: dans tout le pays, il n'y a pas eu une conseillère d'orientation, une gynéco de province, une vendeuse de boutique chic, une analyste financier qui n'ait pas eu à un moment cette coiffure. La preuve, dans le film "LOL", une des mamans l'a. Aujourd'hui encore, chez le coiffeur, si vous n'avez pas d'idée précise, paf, vous avez la coiffure de Claire Chazal.

Les filles à la télé synthétisent vraiment les tendances majeures de la mode et ses excès donnent des moments savoureux:

 Pour mémoire, dans les années 80, aux Etats-Unis, un bon brushing pouvait cacher les titres des infos.  

    

 Les seins et les bouches siliconés agrémentent, parfois de façon spectaculaire les émissions populaires.  

Le cas des bimbos est à prendre au sérieux. La mode des télé-réalité nous inflige des créatures dont nous ne soupçonnions pas l'existence. Ayons donc une pensée émue et compatissante pour tous nos amis italiens intellectuels ou pas qui n'ont pas le choix que de regarder médusés et impuissants, des présentateurs libidineux en costume de banquiers escortés de bombes latines et qui aimeraient bien de temps en temps voir une Ruth Elkrief ou une Anne-Sophie Carpentier.

Merci pour tous vos commentaires pour la première partie de ce post. Quel échange amusant comme une conversation de filles au café. J'ai adoré. Mention spéciale à l'épingle qui a gardé un vieux 100 idées où paraissait un concours de pulls "comme Anne Sinclair" et qui le regarde de temps en temps pour se faire peur.

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mardi, février 15 2011

Les filles de la TV

                                                         (Alexia Chung en 2009, animant l'émission "it's on" sur MTV)

Les avis sont très partagés sur l'influence réelle des animatrices T.V. sur la mode. Les prescripteurs et stakhanovistes de la tendance considèrent en général  que l'arrivée, sur un plateau d'une émission populaire, d'une tendance (vêtement ou mobilier) signifie qu'elle est out et que l'on peut passer à autre chose. Car, soyons francs, la Télévision et la tendance pure et dure n'ont jamais fait bon ménage. Peu d'émissions sur la mode arrivent à  montrer autant d'énergie créative que les magazines de mode sur papier. Car, pour plaire au plus grand nombre, elles se retrouvent  à "enfoncer des portes ouvertes". Pour mémoire, citons les reportages redondants de Viviane Blassel sur TF1 qui, dans les années 90 pouvaient décourager n'importe quel jeune qui voulait travailler dans la mode. L'exception en France, c'est Canal+ qui peut se permettre de produire de l'audace et du style et qui même pour "le grand journal", avec l'air de ne pas y toucher, s'est réservé un staff de stylistes actif et un panel de marques justes et dans le coup.

Car finalement, ce sont les émissions musicales et culturelles qui véhiculent le mieux la mode. Créees pour un public précis et averti, elles osent, et certaines de leurs présentatrices en récoltent une aura d'icône de mode. Je ne m'y attarderai pas plus, vous les connaissez toutes. Celles qui nous intéressent aujourd'hui, ce sont celles qui sont regardées par des millions de gens, celles, parfois plus poignantes, qui n'ont rien demandé, ne prétendent à rien mais qui finalement résument, une décennie passée, le style de leur époque

                                                 Denise Glaser a animé Discorama de 1959 à 1975 avec chic et panache.

Denise Glaser, C'est la première qui a eu du chien. Aux débuts de la télé, faire du populaire n'avait effleuré l'esprit de personne. Des gens très sérieux en cravate ou des dames droites comme des i avec colliers de perles présentaient donc sur un ton docte des points de vue sérieux. Le noir et blanc ambiant et les génériques à effets de violons accentuaient l'effet dramatique. Au début donc, on ne rigolait pas à la télé. Denise Glaser elle, a été la première dont pas mal de femmes ont eu envie de copier le style. Cette façon de se tenir assise, de jeter la tête en arrière, cette voix grave un peu snob. Il me semble même l'avoir vue dans des images d'archives avec un fume cigarette et une petite robe noire, très Audrey Hepburn. Elle était "in". Pour en juger, vous pouvez voir ici ses interviews de Gainsbourg, Dali, Dutronc et Reggiani.

                                                                Audrey Pulvar et ses lunettes "façon époque Giscard"

Le cas d'Audrey Pulvar est intéressant. Ses lunettes de vue, pourtant aujourd'hui un classique de modeux, donna lieu il y a un an à une polémique hallucinante. Des internautes créèrent même une page Facebook "contre les lunettes moches d'Audrey Pulvar"... Lunettes moches!  Des lunettes adoubées par Tom Ford et Anna Wintour!!!... Le débat fut relayé discrètement dans la presse fashion. Personne ne prit de positions. On ne pouvait pas raisonnablement traiter ouvertement plus de 2000 internautes de ringards. L'affaire fut classée mais fit jurisprudence dans la mémoire des autorités de la mode: il y a bien une longue période d'incubation entre la naissance d'une tendance pour branchés jusqu'à son autorisation d'entrée à la télé.

                                                                   Anne Sinclair et son pull en mohair (milieu des années 80)

Rétrospectivement, les années 80 furent des années particulières en mode. Un goût pour le motif "triangle" donna lieu à des fantaisies graphiques et nombre de pulls, sweat-shirts ou combinaisons de ski, se retrouvèrent ainsi avec des motifs triangulaires en plein milieu de la poitrine sans que personne ne trouve à redire. Ce fut le cas de cette journaliste sérieuse qui était regardée par la France entière le dimanche soir. On ne sait ce qui se passa réellement: est-ce Anne Sinclair qui imposa le pull? Ou une styliste de plateau? Le choix d'une styliste reste peu probable, même si porter un pull en mohair avec un triangle dessus était normal à l'époque. J'imagine volontiers la styliste en pleurs dans les loges, menaçant de démissionner. Toujours est-il, Anne en portait souvent: le pull eu un succès retentissant, fit la fortune d'un fabricant de fil à tricoter, habilla les femmes pendant une décennie et fini sa carrière, comme il se doit, "made in India" dans des marchés de bourgades.

(à suivre... où il sera question de coiffure et de bimbos... Stay tuned!)

vendredi, septembre 3 2010

Les indiennes (Fin)

Les indiennes et les bijoux, c'est une histoire d'amour culturelle. Regardez-les bien. On entend même s'entrechoquer des bracelets de plastique sur les plus humbles d'entre elles.

D'ailleurs, si à l'aéroport, au contrôle de sécurité, vous avez une indienne devant vous, fuyez! Prenez la file d'à coté. Le temps qu'elle prendra pour se délester de ses bijoux divers, de ceux de ses enfants, (y compris la petite de 2 ans qui est dans la poussette) vous fera rater vos courses au duty-free.

Kareena Mumbalawa travaille dans la mode à Paris. Elle a gardé donc de ses origines un goût pour le port des bijoux. Née à Genève où ses parents habitent encore, elle y a découvert les bijoux de Ma snob de soeur, cette marque de bijoux uniques et exclusivement en pierres semi-précieuses qui cartonne en Suisse. Comblée de rencontrer sa créatrice Elisabeth, une vraie passionnée de gemmologie, elle s'y adonne sans modération.

Collier et boucles d'oreilles masnobdesoeur.

Sa soeur Shangita suit le même chemin. Elle a acquis récemment ce sautoir Ma snob de soeur qui met particulièrement en valeur sa nouvelle robe qu'elle n'est pas peu fière de vous montrer. Elle possède également une impressionnante collection de bagues de type "maharadjah" qu'elle achète directement à New Delhi. 

(robe Céline-collier masnobdesoeur en turquoise et améthystes-bagues indiennes en argent et pierres synthétiques)

Si les bijoux de style indiens vous renversent, ne manquez pas cette autre élégante et férue de mode qui a découvert quelques pièces fantastiques ici!

mercredi, août 25 2010

Les indiennes (II)

Memoona Rajalalapour, étudiante à Bombay sait "écouter" le vent d'est et le vent d'ouest. Aujourd'hui elle accessoirise la tenue traditionnelle européenne jean+chemise avec un sari blanc en coton épais qu'elle porte en écharpe géante. 

Sa longue silhouette brune et racée de fille de Brahma, marchant pieds nus avec nonchalance, nous transporte. Nous y voyons un sadhu méditant sous un arbre mâtiné d'un John Lennon repentant... Le tout revisité par Calvin Klein.

Shireen Patel dont la famille, originaire de l'Inde est établie à la Réunion depuis un siècle, se vêt de la traditionnelle kurta dans un esprit fashion. La kurta a beaucoup été vue cet été dans les boutiques. De Tory Burch à Kookaï, on les a vues à tous les prix et resteront encore longtemps un vêtement indispensable pour l'été à la fois chic et cool. (kurta Ranna Gill)

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