le blog illustre

FASHION WEEK

lundi, octobre 7 2013

L'esprit "poussez-vous-je-travaille-dans-la-mode"

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En vrac, ce que j'ai vu et aimé sur les filles qui oeuvrent dans la mode pendant la fashion week parisienne.

Allure #1 

En dépit de la contre-offensive des chaussures plates, les talons hauts étaient encore bien désirables. Les coloris layette étaient aussi au centre de toutes les attentions. Jusque là, c'est bon, on peut s'identifier.

La touche "poussez-vous-je-travaille-dans la mode": le pull oversize porté le dos basculé. Quasiment inimitable par les grandes enseignes en raison de la complexité de la coupe et des belles matières exigées pour un tel tombé, il porte forcément la signature d'une maison de luxe. Mais le plus grand drame c'est que la plus grande minceur est requise pour le porter comme il faut

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Allure #2 

Les running étaient légion. Comme dans les années 90 où c'était l'uniforme des stylistes. L'idée c'est d'associer des baskets multico avec une tenue sombre ou dans le cas ou la running est unie, porter une tenue sombre avec une seule touche de couleur. C'est le jackpot du style, un manteau noir, des collants noirs, un air méchant sûre de soi et paf, on passe pour une acheteuse influente pour un minimum de frais. Look optimum sur les rondes, les petites, les vieilles, les fauchées... À copier sans modération.

La touche "poussez-vous-je-travaille-dans-la-mode": la dite running doit être un modèle collector en édition limitée sold out dès sa sortie. 

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Allure #3 

Le style boyish est de plus en plus présent lors des cocktails et présentation de presse. Vu au cocktail de Delfina Delettrez: grosses semelles, penny loafers bi-colores + pardessus de mecs. Une allure cérébrale qui valorise immédiatement plus d'une fille qui se sentirait perdue dans le monde cruel de la mode. À copier aussi sans modération.

La touche "poussez-vous-je-travaille-dans-la-mode": le sac en coton publicitaire. Mais attention! Pas n'importe lequel malheureuse! Celui qui a été offert lors de l'un des événements les plus prisés du moment. Ici celui de la soirée de lancement du nouveau LUI et celui de l'ouverture de la boutique Acne Quai Voltaire. 

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Allure #4 

Le nouveau venu, c'est assurément le style inspiré de la "girl scout" ou de la "religieuse en civil". Il y avait eu des prémices ça et là sur les podiums, dans les lookbook.. J'avais ressenti l'envie de la girl scout ici. Cette saison, plus d'une journaliste de mode s'en était parée. La recette est rigoureuse et simple: une jupe bleu marine droite et arrivant sous le genoux + une chemise d'homme bleu ciel + des mocassins. Pas d'accessoires superflus ( exit poches plaquées, foulard, chaussettes et bien sûr sifflet et béret -on n'est pas au cirque-), la chemise (souvent pas repassée) est mise à la va-comme-je-pousse dans la jupe. Austère peut-être mais cool. J'ai  vu passer en coup de vent Sylvia Jorif de ELLE qui en était.

La touche "poussez-vous-je-travaille-dans-la-mode": il n'y en a pas. Le look se suffit à lui même. sauf si d'aventure on va au pélerinage de Chartres, il faudra préciser. 

C'est Mademoiselle Agnès qui a utilisé cette formule "poussez-vous je travaille dans la mode". Grâce lui soit rendue.

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lundi, septembre 23 2013

Le jean, ce vieux copain

Emmanuelle_Alt.jpg(Emmanuelle Alt pour le blog I Want To Be An Alt )

Le post du Révérencieux sur le style de Capucine Safyurtlu relance le débat sur le style des rédactrices du Vogue français. Leurs apparitions, en tir groupé, lors des fashion week, procurent des montées d'adrénaline aux street stylers et modeux divers. Et pourtant.

C'est l'exemplaire unité de leur style vestimentaire (et de leur physique) qui intéresse alors que, individuellement il n'épaterait pas une galerie plus sensible à l'excentricité. Sur elles, point de jupes à plumes, d'imprimés sur damas de soie, ces filles ont opté depuis longtemps pour des basiques qu'on peut se procurer à moindre coût et surtout affirme le port du jean skinny ou pas comme la base indéfectible d'une garde-robe de notre temps.

En clair, avec un jean et des talons, on se sent conquérante comme une fille de Vogue.

Alors que débute cette semaine la fashion week parisienne, plein de filles (*) vont devoir s'habiller "au mieux".  Voir que l'on peut encore porter (encore) son vieux jean et une paire de talons noirs basiques est drôlement rassurant.

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Ci-dessus trois bases qui siéent au mieux à celles qui n'ont pas forcément des jambes longues et des budgets fringues illimités (sur le dessin, filles qui font un 38 et non un 34):  

Le boyfriend  encore et toujours cool, le skinny, encore et toujours sexy (validés par Vogue France) et le flare encore et toujours stylé (validé par Garance Doré qui a accepté de collaborer avec Seafarer)

Et à portée de click  une des sélections de jeans les plus complètes que j'ai trouvé (je vous épargne la sélection de jean de Net-à-Porter un petit peu excessive) 

(*) En clair,  celles qui bossent dans la mode mais qui font plus d'un 38, qui doivent acheter leurs vêtements (sic), qui vont devoir assister à des cocktails divers, des défilés de mode... et qui malgré un "rien à foutre" crânement vont, à un moment ou un autre, se sentir comme des merdes à coté de celles qui sont jeunes, maigres et donc "avé le swag".

Travailler dans la mode est parfois un sacerdoce. 

lundi, août 5 2013

Kitsuné à la fashion week de Copenhague

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Casque audio AIAIAI/Kitsuné - robe Ann-Sophie Back. Ann-Sophie Back est suédoise et directrice artistique de Cheap Monday.

Pas de répit pour les modeux. Un événement majeur commence cette semaine: la fashion week de Copenhague. Les scandinaves sont vraiment trop forts. Ils arrivent à faire déplacer la crème des magazines hype aux périodes les pires: en août et en février où tout le monde a plutôt envie d'être dans une piscine ou au ski. Les esprits éveillés diront que c'était les seules dates qui restaient dispo pour les derniers arrivés sur la scène mode. 

Quoi qu'il en soit, l'esprit fashion, vibrant et novateur, qui souffle sur la Scandinavie désormais, saura réveiller les journalistes de leur torpeur estivale. Kitsuné, le label français plus-branché-tu-meurs  présentera le 9 août le résultat de sa collab' avec la marque danoise AIAIAI: un casque audio. En vente dès la rentrée  (collection Kitsuné Tee A/H 2013-14).

Je me pâme déjà à l'idée.

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mardi, octobre 9 2012

Damiers, basques et fard à paupières

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C'est peut-être ce que j'ai le plus vu à Paris... Ou qui me plaisaient le plus si bien que je ne voyais que ça.

La basque pourtant je n'y ai pas adhéré de suite tant j'en avais été gavée dans les années 80. Et puis finalement, les détails phare d'une époque ne se reportent jamais de la même façon. Pas question d'être sanglée façon ALaia ou Blade Runner. Non, la basque 2012/13 est nettement plus cool. Idem pour le fard à paupières... Lui et son acolyte le sourcil épilé ont été tellement connotés année 70 et bannis de la société qu'il était temps qu'il nous revienne (sans le sourcil épilé qui reste encore au piquet).

Et vous, vous sentez-vous prêtes pour le fard  paupières?

lundi, septembre 24 2012

La mode, la mode, la mode

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À la manière d'un Tommy Ton, voici ce qui sera excitant cette semaine à Paris (pour ceux qui peuvent se balader dans la rue): la vision d'élégants ou early adopters se pressant aux salons et aux défilés et le décryptage qui s'en suit. (sticky notes de Liberty en vente exclusive chez Galignani-pochette Clare Vivier). 

Même si les photos de street style, comme le souligne justement Coco, ont, désormais, une fâcheuse tendance à ne présenter que les mêmes personnes avec les mêmes produits offerts ou tarifés, les blogs de street style en général, continuent d'être une belle source d'inspiration pour les stylistes. Et sans vouloir être cynique ou blasée, la "professionnalisation" des blogs devait fatalement arriver et avec elle son cortège d'intérêts financiers. 

C'est pour cela que, si on en a l'occasion, aller sur place réserve de belles surprises. Il y a plein de gens extrêmement pointus ou d'une élégance fascinante qui n'apparaissent jamais sur les blogs de street style, ne répondant pas à au moins trois des critères impératifs suivants: jeunesse - beauté - minceur - excentricité - vêtements et accessoires griffés. 

Le monde de la mode est impitoyable.

mardi, mars 13 2012

Fashion week: how to get the look?

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Désolée pour ce silence radio mais une salve de commandes d'illustrations, toutes en même temps, m'a maintenue loin de la blogosphère. C'est donc avec une semaine de retard que je vous fais part de ce que j'ai vu à Paris lors de la fashion week. Peu de défilé cette fois-ci, mais toujours de l'appétit pour me poster aux entrées des shows les plus courus afin de voir ce qui est "now". N'en déplaise à Carine Roitfed qui se désolait de constater que les gens s'intéressaient plus à ceux qui allaient aux shows qu'aux défilés eux-même, je continue, après toutes ces années dans ce milieu, à penser que le créateur propose et que la rue dispose. Et là, pour le sujet de ce post, c'est précisément ce que l'on peut porter qui nous intéresse. Voici donc en vrac, avec quelques illustrations à l'arrache, quelques trucs à leur piquer facilement. 

Les rédactrices des magazines fashion et les acheteuses sont toujours aussi inspirantes. Peu de surprises marquantes et de nouveautés. Car ce qui est marquant: c'est que plus d'une fille porte encore ce qui est porté par la "masse" depuis déjà un bon moment. 

Le fait le plus frappant, ce sont les bracelets superposés de type DIY. Il y en a beau en avoir partout, on en a encore envie. Le bracelet de type "Navajo" est en hausse, tissé ou en micro perles comme ceux de l'été dernier qu'on s'est confectionnés grâce à elle, comme ceux d' Isabel Marant cet été, et comme ceux de Fiona Paxton qui en propose pour l'hiver prochain. Admirez cette modeuse à la sortie du défilé Carven qui prend des risques en se tatouant une plume de grand Sachem. Vous notez qu'on est pas prêt de remiser les gilets en fourrure et que l'attitude "même pas froid" -un grand classique de fashion victime- est au top avec au choix: manches courtes aux coudes, jambes nues dans sandales et stilettos, et robettes imprimées en mousseline légère en plein courant d'air.

Il n'y a que pendant la fashion week également que l'on voit de beaux sacs traités comme des cartables, pleins à craquer de papiers et d'Ipad. Voilà un truc qui donne un genre.

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Le vert est partout. Gloria Baume trouve même le moyen de se coordonner au logo de Starbuck Coffe pour poser pour Yasco Otomo du Vogue Japon. Gloria Baume, c'est cette fille douée qui bosse au Teen Vogue US et que je piste toujours car contrairement à la majorité des rédactrices de mode, elle ne s'habille pas pour séduire. Ce jour-là, elle était jolie. D'habitude, c'est le genre "je fais exprès d'être moche".


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L'escarpin persiste et signe. C'est vraiment la paire de chaussures que j'ai vue le plus souvent. Sur jambes nues, avec un legging, un jean ou chino reboulé, avec des chaussettes avec une jupe "imprimée photo" à la Dries van Noten, une jupe plissée ou une robe imprimée, ça marche avec tout.  Alors bien sûr, les spécialistes sont Louboutin et Manolo Blahnik mais la paire de Zara. se défend drôlement bien. On continue de porter veste et manteau sur les épaules, une pochette calée sous le bras et les pulls bi-matières (maille-cuir) sont vus et revus. Le manteau oversize avec une coupe " à la Monsieur Balenciaga" présent l'hiver dernier sur les plus pointues est désormais partout.

Passons maintenant aux choses sérieuses. Pour avoir ces allures fashion sans que cela coute un oeil, il n'y a pratiquement qu'une adresse: COS. La plupart d'entre vous le savent. La rigueur de style de cette marque de H&M, icônique chez les modeux, est louable à chaque saison. Ce printemps, vous trouverez tout: le bon vert, la bonne forme de robe, les tops et manteaux "à dos basculé" dans la tradition de la couture et inimaginable à produire en grande distribution, il y a seulement trois ans. 

En ce qui concerne les robes et jupes imprimées façon Dries van Noten, la marque qui semble s'être tirer le mieux cet hiver, c'est Just in Case. Peu diffusée hélas en France, elle est beaucoup plus chère que COS mais reste un excellent rapport style/prix. 

La suite bientôt!  J'essaie de mettre le turbo pour garder un rythme de publications décent à ce blog.

P.S. Je rebondis sur le com d'Eudoxie. Moi aussi, au début, H&M, beurk. Je me souviens d'un de mes post où je n'avais pas été très tendre. Ce que je salue chez H&M/COS, c'est cette initiative de faire du "beau" (pas beau dans le sens, maestria de la coupe et des finitions, il ne faut pas rêver, tout cela a un prix) mais beau dans l'exigence du style. Ces vêtements cérébraux, architecturaux, ne nous leurrons pas, ne sont encensés que par les amateurs de mode. Il leur en  a fallu des "couilles"  pour financer un tel projet. Qui s'avère sans doute rentable globalement, à ce jour, vu qu'ils sont pratiquement les seuls sur ce marché.

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vendredi, octobre 14 2011

Fashion week parisienne # 3 (fin)

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Vu en face de moi au défilé de Felipe Oliveira Baptista, deux habitués des shows qui confirment ce que l'on pense tout bas: 

quand on n'est pas filiforme, grand ou beau et qu'on travaille dans la mode, il faut forcer sur le look.

La période des défilés et des salons professionnels sont les occasions, je le répèterai toujours, de voir ses co-religionnaires et de se sentir, accessoirement, moins seul lorsqu'on a un style personnel et fort.

Cette dame aux cheveux rouges que je vois souvent mais dont j'ignore la profession (si quelqu'un le sait?) avait cette fois expérimenté le port du rouge à lèvres audacieux façon geisha. Malheureusement, dans cette couleur, cela lui faisait une moustache d'Hitler étonnante. Grâce soit rendue aux fashionnistas qui défrichent le terrain à leurs risques et périls. Je les aime.

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Le polo emblématique de Fred Perry dessiné par le groupe de rock The Specials.

L'autre aspect de la fashion week, ce sont les soirées données par des marques ou les "after" comme il est de bon ton de les appeler. L'after de Gareth Pugh, la soirée de Terry Richardson et j'en passe ont été les moments courus de cette semaine. Mais il n'y a pas que les soirées des créateurs et autres personnages influents de la mode qui avaient droit de cité. D'autres soirées valaient le déplacement. Comme celle de Fred Perry. Fred Perry, c'est cette marque aux lauriers qui a fait un coming back réussi. Mais Fred Perry, c'est outre Manche une institution, le fer de lance de la working class triomphante et le signe de ralliement des néo mods et du monde de la Brit rock en général. Ce soir là, Fred Perry invitait dans l'ancien hôtel particulier de Georges Bizet à fêter l'after du concert du groupe mythique The Specials. Comme à l'entrée d'un défilé où l'on voit des créatures bigarrées portant les vêtements du créateur en question, ce soir- là se pressaient des fans du groupe et de la marque tous en polos, avec un look de mods, une rangée de scooters vintage garés devant la porte. Quinquagénaires, quadra, post ados, tous se mélangeaient. Un régal pour les yeux. Car même si ce sont les journalistes de Technikart ou des Inrocks qui sont présents dans ce type de soirée plutôt que ceux de Vogue ou de ELLE, c'est cela aussi (et peut-être surtout) LA MODE.

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Une autre particularité de ces semaines de la mode, ce sont les brunchs organisés par les marques pour présenter de nouveaux produits. Le brunch chez Merci organisé par Puma a clôturé la fin de la fashion week. La sympathique styliste Sakima M'sa a mis au point un sac sur la base du grip bag mythique de la marque. Réalisé à partir de bleus de travail récupérés chez Emmaüs, il est vendu en exclusivité chez Merci (il n'y en a que 100).  Sakina est une fille formidable. Elle a développé sa marque à travers un engagement social auprès de ceux qui sont confrontés à la précarité de l'emploi. Ses collections sont fabriquées dans le quartier de Barbès à Paris. Et son activité est basée sur les valeurs du développement durable et de l'économie sociale. Elle est soutenue par la fondation PPR pour la dignité et les droits des femmes. Ainsi PPR, Puma et Merci se sont intéressés à la démarche de Sakina dont je vous invite à découvrir le site. Ce sac va au delà de la tendance du narcissisme, propre aux modeux, à s'approprier un sac en édition limité. Le porter est un acte militant. Il exprime la fierté de ces femmes qui fabriquent les collections de Sakina dans l'ombre modeste des ateliers de Barbès.

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Cette montagne de bagages chics pourrait être vôtre si vous avez la ténacité d'assister à des ventes aux enchères.

Dernière chose et non des moindres. Le cabinet d'expertise Chombert & Sternbach dont je vous ai parlé ici m'a parlé des prochaines ventes importantes d'objets de mode. Le 17 octobre à Drouot aura lieu la vente "l'homme, son univers et ses icônes". (exposition publique demain, dimache et lundi) Une profusion de vêtements raffinés, de montres, de bagages fantastiques... pour les filles... Les fameux tirages de Stern de Marylin Monroe?  un imperméable Burberry patiné comme il le faut? Un manteau Corneliani?  Des mocassins Vuitton en poulain à damiers? des sets de cravates Hermès des années 70 en tricot? Un bomber camel en peau lainé à tomber? Des collections étonnantes accumulées patiemment au fil d'années par des dandy de haut vol...Des trésors pour les connaisseurs.. Ne vous laissez pas intimider par l'endroit et les lots proposés. Sachez que tous les dandys que vous voyez, sur le blog du Sartorialist, ont constitué leurs collections par ce biais. Les prix de départ sont bien en dessous du prix du marché et si le lot convoité n'intéresse pas le marchand assis à coté de vous, on peut faire des affaires merveilleuses. Autre vente le 24 octobre, des fourrures et des sacs de luxe.

J'ai voulu que ce post qui clôture donc le spécial Fashion Week démontre que ces fashion week ne sont pas qu'un vaste réservoir de vanités humaines. Ce que l'on voit sur les blogs, ces personnes gâtées par la vie et la nature, s'exhibant dans des vêtements hors de prix, ces people qui se montrent aux défilés les plus courus avec cet air blasé de "j'y suis et pas toi" ne sont que la partie émergée de l'iceberg. La fashion week, c'est avant tout des gens qui bossent, qui y jouent parfois leur dernier va-tout, des gens qui tremblent, qui stressent, qui rêvent, qui dépriment, qui se sentent exclus de ce monde qui pourtant les fait rêver, des rédactrices excellentes et d'une élégance affirmée ignorées par les street stylers qui ne privilégient que la jeunesse, l'extravagance ou les marques affichées, ET surtout des gens qui ont l'amour du travail bien fait et qui jugent que l'amour du beau embellit la vie.

vendredi, octobre 7 2011

Fashion week parisienne #2

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Les Brigitte en Viktor & Rolf.

Courir de défilés en défilés fut une épreuve cette année.  Une chaleur équatoriale attendait les non résidents à Paris qui avaient mis dans leurs valises plus de pulls en cachemire que de robes d'été. Il fallut donc faire avec et regretter d'avoir emporté une capeline en feutre plutôt qu'un panama.

L'attente devant le show de Viktor & Rolf en plein soleil fut pénible malgré la grande taille des invitation qui nous servaient d'ombrelles ou d'éventails. Mais une fois à l'intérieur, nous fûmes récompensés. Sitôt la salle plongée dans l'obscurité, une fille dans une jupe géante de 4 m de haut apparut et provoqua des "ooh" d'émerveillements chez un public pourtant d'ordinaire blasé. Puis quand nous vîmes  qu'il y avait non pas une fille mais deux, nous reconnûmes immédiatement, grâce aux lunettes rondes de la brune, les Brigitte. Le ton était donné.

Il y a en fait deux femmes Viktor & Rolf: une froide et intellectuelle souvent habillée de noir et une autre girly, majoritairement habillée de rose. C'est l'esprit girly qui dominera l'été prochain. 

La jupe s'ouvrit comme un rideau de théâtre et un bataillon de mannequins en sortit. Coiffées comme mes poupées Barbie des années 70', juchées sur des talons à volants, le mascara rose ou orange, elles s'accordaient parfaitement aux voix sucrées des Brigitte. Et même si la collection cette fois était dans l'ensemble décevante, Viktor & Rolf nous ayant habitués à mieux, grâce aux Brigitte, on aurait volontiers demandé un rappel.

Puis chantonnant tout le reste de la journée "dans ma Benz, Benz, Benz..." je rencontrai le soir même Anne au très chic show de Loewe et qui, toujours au courant de tout, me conta que ça avait twitté à mort et que les Brigitte s'étaient éclatées un max

C'est cela la magie de la fashion week: plonger dans des univers totalement différents, passer de l'un à l'autre en l'espace d'une journée et surtout avoir le privilège d'assister à un mini concert privé.

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La suite, très bientôt. 

lundi, octobre 18 2010

Le défilé de Vivienne Westwood

(porter un short orange, braguette ouverte, avec une ceinture comme couverte d' autocollants "fragile": un jeu d'enfant pour Vivienne Westwood) 

C'était le premier défilé de Vivienne Westwood auquel j'assistais. Ainsi j'ai pu voir cette grande dame de la mode. J'étais émue, figurez-vous. Rendez-vous compte, jamais  je n'aurais pensé voir un jour de près un tel monument... J'aurais eu la même sensation que si j'avais vu Paul Mac Cartney ou même la Reine, tiens. 

La Grande-Bretagne et ses drôles d'habitants n'en finissent pas de me fasciner.

Le défilé tarde à commencer, nous (les blogueuses invitées) avons le temps de regarder tous les invités arriver dont les fans qui nous offrent à nouveau un spectacle grandiose avec leurs looks extravagants. Tiens, Beigbeder est assis pas loin...

Le défilé commence.

Coiffées et maquillées à l'arrache, portant une accumulation de vêtements divers dans un désordre joyeux de couleurs et d'accessoires, les filles Westwood ne cherchent pas à séduire. Même la musique est discordante. Quel choc après le défilé glacé et sophistiqué de Margiela quelques heures avant. Sur le dossier de presse, Vivienne s'inquiète pour l'avenir de la Terre. Moi je m'inquiète pour le devenir commercial de sa  collection.

J'en ressors désorientée. Où est le lyrisme victorien à lequel elle nous a habitués? Le surlendemain, je visionne chaque tenue sur Vogue.com. Là je vois quelques  "hits" habilement dissimulés. Elle est forte la Vivienne. Chaque éléments peut être utilisé. Même si cette collection n'est pas la meilleure, il y a plusieurs choses qui tiennent la route. C'est ça que j'aime chez elle: toujours du portable au milieu du chaos. 

Même si, (sauf en cas  de traumatisme crânien important qui changerait totalement ma personnalité) je ne serai jamais une femme Westwood, je les aime profondément. Cette façon de dire "je vous emmerde tous" avec juste un Tshirt orné de son logo génial, c'est une bouffée d'air dans le jeu de la mode. 

God save the queen Vivienne*.

* Je sais ça a dû être déjà fait, mais c'est tout ce que j'ai trouvé comme chute.

N.B. Vous pouvez me dire que mes dessins sont "à l'arrache" en ce moment. C'est vrai. En général, reproduire les filles des catwalks n'est pas un de mes sujets de prédilection. Ce sera tout pour la fashion week. Je reprends le cours normal de ce blog. C'est à dire: comment être hype quand on est normale, voir grosse ou moche? Ce qui est finalement la seule chose qui nous intéresse le plus.

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lundi, octobre 11 2010

Souvenirs de fashion week (suite)

 (les filles de Cacharel ont des Ipad dans des pochettes en latex rose fluo)

Samedi: Cacharel. La collection de Cédric Charlier est vraiment réussie. Facile à porter, facile à vendre. J'ai tout aimé: les couleurs, les lunettes Cuttler & Gros que l'on attendait avec impatience, les sandales à crêtes de bébé dinosaure, les pochettes pour Ipad... Et même si c'était un bataillon impressionnant de jolies filles qui présentaient les vêtements, on les imagine volontiers sur des filles normales à grosses qui les rendraient séduisantes

(les filles Loewe ont des robes en cuir kaki et des touches fluo) 

Le soir: le défilé Loewe. La sage maison espagnole qui cartonne avec ses sacs, nous invite dans un cadre somptueux (l'école de médecine) et sert une collation chic aux chandelles servie par des garçons en livrée. Les invités sont assis sur d'élégantes chaises Napoléon III, les japonais photographient le décor. J'en vois même un qui photographie les tasses de thé. La collection est impeccable comme d'habitude. Le fameux amazona a des anses oranges fluo, on le veut toutes.

(La tasse à thé était peut-être griffée "Loewe"? je ne les ai pas vues de près, j'étais en standing)

Dimanche: c'est le rassemblement pour le défilé Céline. On enquête pour savoir où ça se passe. Le public y est incroyablement raffiné. C'est beaucoup mieux qu'un mariage dans le Vogue UK! Il y a une telle concentration de sacs Céline, Hermès, Fendi que des "ziva" qui passent par là (on est à une porte de Paris) nous demandent: "hé m'dame, c koi la?" Je les photographie pour l'Express (les rédactrices, pas les ziva). Puis je fonce au Palais de Tokyo pour le défilé de Costume National. 

(encore un sac que je désire...)

Beaucoup de gens pensent que Costume National est japonais. En fait c'est italien et c'est du beau savoir-faire italien. Ennio Capasa, le designer et fondateur est un homme discret qui a fait débuts comme assistant de Yamamoto. Ses vêtements sont impeccables, le style sûr et le rapport qualité/prix excellent. Costume National a été dans les années 90 avec Helmut Lang la marque dont tous les stylistes rêvaient de travailler pour. Plus connue pour l'homme, il n'y a pas un designer qui n'ait pas dans son dressing un costume de Ennio Capasa. Pour l'été prochain Capasa qui a toujours fait dans le marine et noir nous présente des couleurs "pop". Surprise. En plus d'être un architecte du vêtement, il est un coloriste. Je rêve alors d'être aussi une femme Costume National.

Lundi: c'est l'inauguration du flagship H&M des Champs-Elysées dont l'architecte est Jean Nouvel. Je me demande pourquoi je suis invitée, je n'ai jamais glorifié H&M sur ce blog. Mais tout le monde est excité par la soirée, l'invitation est magnifique: un bloc de plexi orange et puis c'est quand même Jean Nouvel et comme je suis snob, j'y vais. 

H&M a décidé de s'attaquer à une nouvelle clientèle: les snobs et veut en s'installant aux Champs dire que c'est follement chic de s'habiller chez eux. 

H&M en fait, je n'aime pas. Je préfère sa rivale Zara, plus stylée. Le H&M de Nice est particulièrement glauque. Le samedi, les vêtements traînent par terre, aucun client ne prend la peine de les ramasser (ce qui n'est pas cher, ne vaut rien, c'est bien connu) et les vendeurs ont bien trop à faire. Donc tout le monde piétine ces vêtements que des chinois épuisés ont confectionné. Ces magasins me filent le cafard. À l'heure où on réalise qu'il faut économiser nos réserves et la Terre qui nous nourrit, l'industrie du vêtement n'en a cure et produit à perdre haleine des tonnes de frusques. Gaspillage de matières premières naturelles, gaspillage d'énergie humaine, surabondance d'acrylique polluante... Tout cela pour un énième Tshirt qui va s'entasser dans une armoire bien remplie et qui va finir un an plus tard en chiffon pour faire les vitres. C'est un des aspects de la mode que je n'aime pas. Même si je sais que cela fait tellement de bien de pouvoir s'offrir du rêve à portée de bourse.

Mais là c'est trop. Il y a un max de people scintillants (qui vont chez H&M? je n'y crois pas une seconde). Ce principe de se faire de l'argent sur le dos des pauvres me fatigue. (C'est qu'il faut se faire une sacrée marge pour s'offrir un Jean Nouvel, un tel espace sur les Champs et tous ces people). Je ressors de là en me disant que décidément Jean Nouvel ou pas je ne suis pas une femme H&M.

je reprends l'avion pour ma province le lendemain bien contente de retrouver ma ville avec ses enseignes cheap mais qui au moins restent à leur place.

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